Jacques Gruber, itinéraire d’un maître-verrier de l’Art Nouveau à l’Art Déco
- savr-reims
- 15 juin
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Véritable maître du vitrail, Jacques Gruber (1870-1936) a laissé son empreinte à Reims grâce à plusieurs réalisations d’importance.

Issu d’une famille alsacienne installée à Nancy en 1877, Jacques Gruber rejoint Paris en 1889 pour suivre les cours de l’Ecole des Beaux-Arts et ceux de l’Ecole des Arts Décoratifs. En 1893, il est engagé par Antonin Daum comme artiste décorateur à la Manufacture Daum à Nancy. Son amitié avec Emile Gallé va être déterminante pour l’évolution de sa carrière. Il s’installe à son compte en 1897 et devient en 1901 l’un des fondateurs et maîtres de l’école de Nancy. Il retourne à Paris en 1914, participe à l’Exposition des arts décoratifs industriels et modernes de 1925 et devient l’un des artistes reconnus de la période Art Déco.
Jacques Gruber associe très vite le verre à d’autres matériaux comme le palissandre ou l’acajou. Puis il se spécialise très vite dans le vitrail et utilise de nouvelles techniques. Les commandes affluent, comme par exemples la verrière du Crédit Lyonnais à Nancy ou la Coupole des Galeries Lafayette à Paris (une immense fleur composée de 10 faisceaux de 1000 m2).
Jacques Gruber s’est illustré à Reims à travers plusieurs réalisations. On lui doit les vitraux de la salle de lecture de la bibliothèque Carnegie, avec la grande verrière zénithale aux motifs stylisés représentant un livre ouvert sur les armes de Reims, ainsi que les trois baies latérales aux motifs d’abeilles (symbole du travail et de l’effort).
A son actif également un vitrail très original, au thème exotique, intitulé « Les Singes », composé de 7 panneaux représentant des animaux (serpents, insectes, singes) et des motifs végétaux. Ce vitrail fait désormais partie de la collection du Musée des Beaux-Arts de Reims. Il réalise aussi des vitraux religieux, comme au Temple Protestant de Reims avec les 10 vitraux dont la grande rose de la façade qui représente les principaux réformateurs, ainsi qu’à l’église de Bétheniville et à l’Eglise Saint André de Cormontreuil (vitrail Les Béatitudes).
Jacques Gruber décède en 1936 en son domicile parisien.
Texte : Marie-Thérèse Nolleau/Malika Najjar



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